Millésime

2012

Un excellent équilibre entre acidité et fruit

Le début de l’hiver 2011-2012 n’est pas très rigoureux. C’est pour cette raison que les 15 jours glacials de février, -15°C la nuit et -3°C la journée avec un fort mistral, impactent fortement les vignes.

Dès la fin mars, on enregistre des températures estivales. C’est avec un gros déficit en eau que la végétation démarre. Les premiers dégâts dus aux gels sont visibles le plus souvent sur les vieux Grenaches. De nombreux bourgeons, bras, ou souches ne démarrent pas. Au final, certaines bras démarreront avec plusieurs semaines de retard d’autres ne repartiront jamais. La récolte s’annonce faible. Les autres cépages, ainsi que les vignes jeunes et vigoureuses, comme les plantiers, sont moins touchés.

Mi-Avril quelques giboulées, des durées d’ensoleillement faibles et des températures fraiches ralentissent la croissance des végétaux. Une forte hétérogénéité est observable dans le vignoble. On constatera d’ailleurs la même hétérogénéité à la vendange. La fin du mois d’Avril et le début du mois de Mai apportent de bonnes quantités d’eau, puis laisse la place au soleil. La végétation enfin comblée explose !

L’été est très sec, mais les vignes n’en souffrent que moyennement, jusqu’au 15 Août : une période de canicule heureusement assez courte (5 jours) affecte les secteurs les plus drainant. Le 20 Août, certains blancs et syrahs sont à ramasser ! On se trouve alors dans la même précocité que 2011. Par la suite, les pluies du 25 Août (10mm) et du 30 Août (40mm) ; la baisse des températures et de l’ensoleillement ralentissent la maturation.

De très nombreux contrôles de maturité, visite de parcelles et dégustations de baies sont nécessaires pour déterminer au mieux la date de récolte. Pour beaucoup de vignes, cette date est reportée plusieurs fois pour cause de blocage de maturité.

Par exemple, certaines parcelles de syrahs ont été vendangées le 20 septembre au même degré que celui mesuré le 20 Aout ! La première 15aine de septembre est sèche et ensoleillée avec des nuits fraîches. Malgré les épisodes pluvieux des derniers jours de septembre et du 9 et 12 Octobre, l’état sanitaire reste excellent. Pour comparer à 2011, un retard général de 1 à 3 semaines est constaté.

De manière générale, la récolte est faible sur Grenache, moyenne sur Syrah, et bonne sur Mourvèdre.
Les raisins vinifiés ont pour particularité d’avoir des teneurs en azote élevées ce qui confère aux moûts une excellente fermentescibilité avec des départs en fermentation alcoolique explosif ! Le travail de gestion des températures de vinification est essentiel. Il est rendu possible par l’attention des équipes de vinification et le bon équipement technique des caves.

Les potentiels aromatiques sont excellents, et les blancs et les rosés 2012 sont très réussis. Les rouges disposent rapidement des mêmes qualités aromatiques, mais la couleur et les tanins ne s’extraient pas facilement. Des cuvaisons plus longues qu’à l’accoutumée sont alors nécessaires, et les chapeaux de marc sont travaillés très régulièrement par des remontages, délestages, piégeages… Le tout doit être piloté par des dégustations quotidiennes.

Avec des richesses en sucres raisonnables (moyenne de cave inférieure aux années précédentes), les fermentations alcooliques et malo-lactiques se déroulent correctement et rapidement. Les teneurs faibles en potassium limitent les précipitations tartriques et augmentent ainsi la stabilité des acides du vin. Le millésime 2012 dispose d’une fraicheur et d’un équilibre naturels !

Le millésime 2012 se trouve être un millésime très équilibré, avec des bonnes expressions aromatiques. Un millésime agréable facile à boire et au potentiel de garde satisfaisant. 

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