Millésime

2011

Un millésime de vignerons

Un hiver doux malgré quelques pics de froid, et sec- absence de neige-, combiné aux gelées précoces et régulières, permet un débourrement homogène et un état sanitaire satisfaisant au début du printemps.

Dès le mois d’avril 2011, de gros pics de chaleur sont enregistrés et le déficit hydrique se creuse : le printemps est plus chaud que la normale. La situation laisse alors présager des vendanges précoces.

Le soleil s’est peu à peu dissipé avec l’arrivée de l’été, laissant place à une saison particulièrement pluvieuse. La première semaine de juin est fortement arrosée, favorisant la croissance végétative. Les précipitations subies tout au long de l’été et des températures moyennes à fraîches freinent l’évolution végétative de la vigne. Elles permettent de revenir à un calendrier de vendange plus classique, bien que les études de maturité de la deuxième quinzaine d’août révèlent toujours une avance sur 2010. Cependant, les fortes différences de charges et de stress hydriques entraînent de grandes hétérogénéités entre les parcelles. Fin août, de nombreux orages entretiennent une atmosphère humide préoccupante pour les vignerons et leurs techniciens. Ils seront rassurés : un mois de septembre sans pluie permet aux raisins de murir dans de bonnes conditions sanitaires. Une fois de plus, le mistral n’est pas étranger à la réussite des vins de Gigondas.

Il faut souligner que les qualités réelles des vins découlent du travail précis des vignerons et de leurs œnologues. Depuis le départ en végétation, ce millésime aura exigé finesse d’observation et capacité d’adaptation. Les choix des dates de récoltes et d’évaluation de la maturité ont tout d’abord été cruciaux. Il aura fallu ensuite effectuer un tri « chirurgical » de la vendange pour isoler les quelques grains roses ou flétris. Enfin, les vinifications ont particulièrement mobilisé le savoir-faire des vinificateurs : maîtrise du départ en fermentation précoce des premiers moûts et énergie pour fermenter des quantités de sucre généreuses, tout en optimisant les qualités aromatiques et tanniques présentes dans les raisins.

Dans l’ensemble, il s’agit d’une récolte de grande qualité, dans la lignée des deux derniers millésimes.
Le millésime 2011 s’annonce comme un vin puissant, avec un joli fruit et une sucrosité surprenante, ainsi qu’un bon potentiel de garde.

Partager